Symbolique templière

L’Ordre du Temple n’a guère été prodigue en symboles, en dehors du gonfanon, de la croix de gueules et du sceau équestre. Mais on y trouve également le Baphomet.

Gonfanons

Gonfanon Baussant Le gonfanon (étendard de guerre)
L’étendard des Templiers est bien connu : c’est le beaucéant* ou gonfanon baucent*, parti de blanc et de noir, d’argent et de sable comme on dit en héraldique. Il était à l’origine divisé verticalement comme l’indique la signification du mot « parti » en héraldique et pas horizontalement ou « coupé ».
Le gonfanonier porte la hampe de la lance verticalement et comme cette dernière désigne le chef de l’écu, cet écu « parti de blanc et de noir » apparaît sur un étendard comme « coupé ».
C’est la raison qui fait que de nombreuses représentations arborent une division horizontale.
L’étendard des Templiers, composé à part égale de blanc et de noir, représente la lumière et les ténèbres, il rappelle ainsi au cœur de la bataille le grand combat des forces du bien contre les forces du mal.
* Un cheval « baucens » (du français médiéval) se caractérise par une robe tachetée de blanc et de noir, à l’exclusion de toute autre couleur. L’orthographe d’aujourd’hui en est très variable car non décrite (baussant, bauçant, …).


Croix templières

Gonfanon Baussant La croix templière
Comme le gonfanon, la croix templière est peu documentée et ne semble pas avoir de représentation officielle.
La croix grecque (droite) a été utilisée mais la croix pattée est la plus courante sous des formes et des versions différentes. On trouve dans l’iconographie des croix potencées, des croix pattées, des croix fleuronnées, etc.

Sceaux templiers

Gonfanon Baussant Les sceaux templiers
Le sceau, apposé sur les documents au Moyen Age, est une empreinte, faite sur une matière malléable, généralement de la cire, laissée par une matrice, objet métallique gravé en creux de caractères et d’images. Sa fonction est d’authentifier les actes écrits et d’identifier celui ou ceux qui les ont passés.
Plusieurs dizaines de sceaux templiers ont existé dont une partie a été retrouvée : ceux des grands maîtres, des visiteurs, des précepteurs, des commanderies, etc. Ces sceaux sont conservés au service des sceaux des Archives Nationales.
Le sceau templier le plus connu est SIGILLUM MILITUM XPISTI, qui représente deux chevaliers armés chevauchant le même cheval. Ce petit sceau rond en cire verte de 33mm est celui de Renaud de Vichiers, appendu à un acte de 1255. Il est caractéristique des sceaux des maîtres de l’Ordre du Temple.

Baphomet

Gonfanon Baussant Le Baphomet
Les premières traces attestées du mot Baphomet peuvent être trouvées dans des textes du XIe siècle. Dans une lettre de 1098 du Croisé Anselm de Ribemont, le mot Baphomet désigne le prophète et fondateur de l’Islam, Muhammad, car les croisés croyaient les musulmans idolâtres. Il est possible qu’au Moyen âge, le mot désigne également un faux dieu, un démon, une idole quelconque ou un culte superstitieux et impur.
Le mot a été remis au goût du jour avec le développement de l’occultisme au XIXe siècle qui lui a donné un aspect plus proche de l’imagerie traditionnelle associée aux démons et à Satan, notamment par Eliphas Lévi (Alphonse-Louis Constant), dans son ouvrage « Dogme et rituel de la haute magie » publié en 1861, dans lequel il le nomme « Le bouc de Mendès ».
La figure de Baphomet ne possède plus de nos jours qu’un très lointain rapport avec la supposée idole templière ; elle est multiforme et dotée d’une symbolique très complexe qui varie selon les époques, les auteurs et les courants de pensée.
Une clé de voûte du XVIe siècle de la forteresse de Tomar au Portugal a souvent été interprétée comme une représentation humaine possible de Baphomet (tête barbue aux trois visages).
Le couvercle d’un coffret en pierre découvert fin XVIIIe siècle en Bourgogne à proximité de la commanderie de Voulaines-les-Templiers et de la communauté de Bure-les-Templiers, représentant un personnage androgyne, ayant à la fois de la barbe et des seins pendants, est attribué aux Templiers (Pierre Louis Jean Casimir de Blacas d’Aulps 1771-1839, Duc de Blacas, l’acquit en 1818 afin de l’intégrer à son cabinet de curiosités.).
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Il est toutefois possible qu’en raison de leur longue présence au Moyen-Orient les Templiers aient incorporé des concepts islamiques à leur système de croyances, ce qui a pu motiver et nourrir les accusations d’hérésie formulées par l’Inquisition. Dans les compte-rendus du procès on ne trouve pas le mot Baphomet mais seulement l’adjectif baphométique.
A ce jour, le mystère entoure toujours l’idole supposée des templiers : la tête baphométique, une sainte relique ou … ?

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